LE GRAND TOURNANT ET LE DOS AU MUR
Ségolène Royal a fait une prestation remarquable et remarquée,dans l'émission " A VOUS DE JUGER". Boudée par François Filllion qui avait refusé de débattre face à elle, elle a eu tout le loisir de répondre aux arguments balancés par le Premier Ministre.
L'intervention de notre leader était importante à plus d'un titre. Avec méthode, avec la précision d'un chirurgien qui manie son scalpel, elle a démonté, disséqué ce que Sarkozy appelle le " corps de la réforme" et démontré que cette réforme ne " tenait pas la route".
Sans concession, sans complaisance elle a dévoilé que cette réforme était celle voulue par le MEDEF, que l'objectif était de faire perdre confiance aux Français pour qu'ils souscrivent à une assurance privée. - Il ne faut pas oublier que le frère de Sarko dirige une compagnie d'assurance toute prête à accueillir les adhésions du peuple Français.
S'arrêtant sur la volonté du Président de la République d'allonger les annuités de cotisation pour faire des économies et sauver les régimes de retraite, elle a souligné l'absurdité de cette proposition, une forte proportion de séniors étant au chômage, éjectés de leur entreprise à partir de la cinquantaine et étant soumis au régime de l' UNEDIC. Il n'y a donc pas économie mais transfert de charges. Par contre les indemnités de chômage n'étant pas éternelles, les seniors sont voués à la misère.Quant aux jeunes, pendant ce temps, ils sont toujours privés d'emplois.
Dans sa critique de la réforme, Ségolène s'est montrée très percutante, d'une redoutable précision; elle a montré une grande connaissance du dossier et a appuyé sa démonstration sur des anecdotes, des exemples concrets, ce qu'elle appelle la politique par la preuve.
Mais surtout, et c'est peut être le plus important, Ségolène Royal a indiqué qu'elle représentait à cette émission le Parti Socialiste, ce qui était peut être le plus gênant pour la droite qui mise sur la division du PS. Ségolène était d'ailleurs accompagnée, entre autres, par Benoît Hamon, Harlem Désir,Marisol Touraine, Najat Belkacem, et a-t-elle ajouté, deux ouvriers syndicalistes conseillers régionaux en Poitou- Charente, preuve de son ancrage à gauche.
Car elle s'est clairement positionnée à gauche, démontrant que la réforme était presque intégralement à la charge des ouvriers, des employés,des cadres, de la classe moyenne, mais épargnait les plus riches. Elle a également démontré qu'elle était profondément injuste pour les français qui effectuaient un travail pénible, selon la définition de l'Organisation Internationale du Travail, évoquant le cas des infirmières de nuit, des ouvriers risquant en raison de leur travail des maladies graves ou pénalisantes....
Enfin elle a présenté avec beaucoup de brio les propositions du Parti Socialistes sur les retraites.
Elle s'est essentiellement attachée à
* défendre la liberté de prendre sa retraite à 60 ans après 40 années de cotisation.
* Un autre mode de financement pénalisant le capital: elle a rappelé que le travail des salariés permettait aux entreprises de faire des bénéfices, d'acquérir et de faire prospérer le capital et qu'il était juste qu'en compensation le capital soit taxé.
SUR QUESTION D' ARLETTE CHABOT ELLE A PRIS L'ENGAGEMENT SOLENNEL AU NOM DU PARTI SOCIALISTE DE RETABLIR LA LIBERTE DE PRENDRE SA RETRAITE A 60 ANS S'ILS REVENAIENT AU POUVOIR EN 2012.
SUR QUESTION DES INTERNAUTES, ELLE S' EST ENGAGEE AU NOM DU PARTI SOCIALISTE A SOUMETTRE UNE NOUVELLE REFORME DES RETRAITES AUX FRANCAIS PAR REFERENDUM PARCE QUE LA RETRAITE APPARTIENT AUX FRANCAIS ET QUE C'EST A EUX DE DECIDER.
Les interventions de notre leader ont asséné un coup sur la tête de la droite.
Alain Duhamel était sans voix tant il était surpris de la qualité de cette prestation, surtout de sa force, des mots employés, des mots à la portée de tout le monde, précis et exprimant parfaitement sa pensée:" je me bats le dos au mur," a-t-elle dit.
Il a seulement remarqué: elle a employé ses mots à elle, avec son propre vocabulaire. Personne d'autre ne se serait exprimé comme cela.
Il a ajouté qu'elle ne répondait pas aux questions, critique qu'il a réitérée le lendemain sur une radio et qui est caractéristique de la pensée de la droite sarkozyenne.
Ségolène Royal n'est pas tombée dans le piège de réagir par rapport au projet de la droite qu'elle s'est seulement appliquée à passer au marteau pilon.
Elle a avec ferveur, pugnacité et simplicité présenté les propositions du Parti Socialiste. Ce faisant elle proposait une autre politique correspondant à la vision jauressienne de la société et du monde. Donc elle ne répondait pas aux questions posées par la droite. Elle les balayait d'un revers de manche, après les avoir démolies et leur substituait les mesures adaptées à la conception socialiste.
L'importance de cette émission s'est vérifiée tout au cours de la journée du 10 septembre quand les députés de l'UMP ont littéralement agressé les députés socialistes voulant leur arracher l'engagement de ne pas remettre leur réforme en cause et dénonçant " l'irresponsabilité de Ségolène Royal" et toute la journée tous les intervenants socialistes ont défendu la réforme socialiste et le maintien de la retraite à 60ans.
Exaspéré, Jean Marc AYRAUT a répondu aux invectives de la droite:" Vous ne m'avez pas écouté, je soutiens entièrement ce qu'a dit hier Ségolène Royal. Si nous revenons au pouvoir en 2012, nous rétablirons la retraite à 60 ans."
Ils ont bien cherché à droite une marque quelconque de zizanie au sein du PS tant cette unité affichée les génait.
Il faut remercier Ségolène Royal pour cette performance dans cette émission qui constitue un tournant car elle marque la réelle volonté du Parti Socialiste de travailler ensemble et de se rassembler pour gagner 2012. Elle marque également un ancrage auprès des classes populaires.